|
Aussitôt
connue la nouvelle de l'assassinat de Domitien, le 18
septembre 96, le Sénat proclame Empereur Nerva.
N'ayant pas d'enfant, il ne voit qu'un seul moyen de
sauver sa tête : adopter comme fils et successeur
un homme qui ait à la fois les faveurs de l'armée
et du peuple. Cet homme n'est autre que Marcus Ulpius
Traianus, gouverneur de Germanie supérieure et
chef respecté de ses légions. L'adoption
a lieu officiellement au Capitole, à la fin d'octobre
97. Le 28 janvier 98, la mort met un terme aux seize
mois de règne de Nerva. En témoignage
de respect, ses cendres sont déposées
dans le Mausolée d'Auguste, près de celles
des empereurs julio-claudiens.
L'arrivée
de Trajan à Rome, à la fin de l'été
99, donne lieu à de grandes réjouissances.
Il fait son entrée à pied, embrasse les
sénateurs, se mêle au peuple. C'est sous
son principat que l'empire de Rome connaitra sa plus
grande extension géographique avec, notamment
la conquête de la Dacie. En 117, Trajan, déjà
affecté par des problèmes circulatoires
qu'il soupçonne être l'effet du poison,
est victime d'une attaque qui le laisse en partie paralysé.
Il meurt le 9 août 117 après un règne
de dix-neuf ans, six mois et quinze jours. Ses cendres
sont déposées dans une urne en or, placée
dans le piédestal de la colonne Trajane, témoin
de sa victoire sur les Daces. Sa succession est entourée
de mystères. Peut-être, l'empereur a-t-il
décidé d'adopter Hadrien à la dernière
minute sur son lit de mort. Mais selon Dion Cassius,
ce serait la femme de Trajan, Plotine, qui aurait organisé
sa succession en cachant sa mort durant plusieurs jours.
Elle aurait envoyé des lettres au Sénat
annonçant l'adoption d'Hadrien en signant à
la place de Trajan, trop épuisé pour le
faire.
L'une
des premières décisions du nouvel Empereur
est d'abandonner les territoires orientaux conquis par
Trajan au cours de sa dernière campagne. Moins
militaire que Trajan, il sera le seul de tous les empereurs
à prendre la peine de parcourir l'ensemble de
l'Empire afin d'inspecter le gouvernement de ses territoires.
Dès 136, sa santé est chancelante. Sa
maladie, une forme d'hydropisie, s'aggrave et le fait
souffrir pendant de longues périodes. Ayant engagé
un serviteur barbare du nom de Mastor pour le tuer,
il lui indique l'endroit où frapper, toutefois,
Mastor renonce à tenir sa promesse. En désespoir
de cause, Hadrien confie le pouvoir à Antonin
et quitte Rome pour Baïes. Il meurt le 10 juillet
138. A sa mort, son grand Mausolée n'est pas
encore terminé, aussi, dans l'intervalle, est-il
inhumé d'abord à Puteoli, près
de Baïes puis dans les jardins de Domitia, près
du Mausolée. Le transfert de ses cendres a lieu
en 139.
Le
24 janvier 138, jour de son soixante-deuxième
anniversaire, Hadrien annonce à Antonin son désir
de l'adopter. L'adoption a lieu officiellement le 25
février 138. Il s'agit en fait d'une transaction
multiple : Hadrien adopte Antonin, tandis qu'Antonin
adopte parallèlement Marcus Annius Verus, âgé
de 16 ans et le jeune Lucius Ceionius Commodus, fils
de Lucius Ceionius Commodus, qu'Hadrien avait choisi
comme premier héritier mais qui est décédé
deux mois plus tard. La fin d'Antonin est assez soudaine.
Au cours d'une nuit, il vomit et se trouve pris de fièvre
le lendemain. Il prend alors ses dispositions et lègue
le pouvoir à son fils adoptif, Marc-Aurèle.
Il meurt dans son palais de Lorium, près de Rome,
le 7 mars 161.
A
la mort d'Antonin, Marc-Aurèle a déjà
décidé que le consulat serait exercé
conjointement par Lucius Vérus et lui-même.
Il semble qu'Antonin n'ait pas eu l'intention de placer
les deux hommes sur un pied d'égalité,
mais c'est pourtant ce quoi à s'emploie Marc-Aurèle
dès la mort de son prédécesseur.
Il adopte pour lui-même les titres impériaux
usuels, Augustus, Pontifex Maximus, et
y ajoute le titre Antoninus par respect pour
Antonin. Il persuade le Sénat de conférer
à Lucius le nom de Vérus, qui fait partie
de son propre nom de famille. Les deux hommes sont acclamés
conjointement Imperator par la garde prétorienne.
On frappe des pièces de monnaie portant la mention
Concordia Augustorum, l'harmonie des empereurs.
Au début du printemps 169, Vérus est victime
d'une attaque et ne peut plus parler. Il meurt trois
jours plus tard. Son corps est ramené à
Rome et déposé dans le Mausolée
d'Hadrien, auprès de son vrai père, Lucius
Ceionius Commodus, et de son père adoptif, Antonin.
Marc-Aurèle meurt, quant à lui, le 17
mars 180, à Sirmium, à l'ouest de Belgrade.
Ramené à Rome et enterré, lui aussi,
dans le Mausolée d'Hadrien, il est divinisé
par le Sénat.
"Mon
père est monté au ciel et siège
maintenant en compagnie des dieux. Il faut nous occuper
des affaires humaines et gouverner le monde".
Voici le discours bref et pragmatique que Commode adresse
aux troupes après la mort de Marc-Aurèle
en mars 180. Commode est passé à la postérité
comme un monstre, un mégalomane qui se prend
pour un dieu, rebaptise les mois en son honneur, jouant
les gladiateurs devant le peuple de Rome. Il est en
fait le premier empereur à naître dans
la pourpre. Au cours des quatre-vingt années
prédédentes, les empereurs ont choisi
leurs successeurs en se fondant sur leurs mérites
et non sur l'hérédité. Un complot
se trame en 192 pour délivrer le peuple romain
de cet empereur totalement fou. Le 31 décembre
192, Marcia, concubine de Commode, lui administre du
poison mais au lieu de mourir, il est pris de violentes
nausées et rend le poison. Il faudra l'intervention
d'un jeune athlète, Narcisse, pour en délivrer
le monde. Le Sénat fait déterrer le cadavre
pour le traîner à travers la ville comme
celui d'un vulgaire criminel. Les restes de Commode
connaissent ensuite un meilleur traitement puisque son successeur,
Pertinax, les transfère dans le Mausolée
d'Hadrien et que Septime Sévère le fera
diviniser quatre ans plus tard bien qu'il ait reçu
la damnatio memoriae et que son nom ait été
effacé de tous les monuments.
|