Lexique
Auctoritas : L'autorité, le poids (le mot dérive de augere, augmenter) que confèrent le prestige et l'excellence; c'est donc ce qui légitime l'exercice d'un pouvoir. Ainsi Auguste affirmait l'emporter sur les autres, non pas par la nature de son pouvoir, mais par l'auctoritas que lui conféraient sa généalogie, ses vertus publiques, ses succès, ses fonctions. L'auctoritas est donc au fondement même du pouvoir impérial; c'est elle qui confère la qualité d'auguste à l'empereur.
Auguste (Augustus) : Surnom pris
par Octave le 16 janvier 27, et qui entre désormais dans
la titulature de tous les Empereurs. Le terme signifie
saint, vénérable (littéralement "doté du plein
de force sacrée"); il souligne donc le caractère
sacré de l'Empereur, mais il est à rapprocher de auctoritas
et de augure. Le titre d'Auguste fut légué par Auguste à sa femme Livie, et
plusieurs princesses impériales eurent droit à ce titre
(Augusta). Dans le système de la tétrarchie, les deux
Augustes sont assistés de deux Césars.
César (Caesar) : Nom de famille
dans la gens Julia. Il fut notamment porté par
Caius Iulius, le conquérant des Gaules, membre du
premier triumvirat. Son petit-neveu, Octave qu'il avait
adopté, pouvait légitimement s'appeler César Octave,
avant de prendre le titre d'Imperator et de se
faire appeler Imperator Caesar, Divi filius (Empereur
César, fils du divin). Si Tibère,
adopté par Auguste pouvait revendiquer la même
titulature, Claude qui ne
pouvait invoquer une filiation directe avec Auguste ou
Tibère, légitima son pouvoir en prenant Caesar
comme surnom. A partir deVespasien,
Caesar devient le gentilice de la maison impériale,
tout comme Imperator devient le prénom et Augustus
le surnom.
Consul : Sous l'Empire, la charge
est honorifique puisque le pouvoir (imperium) consulaire
appartient à l'Empereur. Il y a deux consuls ordinaires
éponymes (qui donnent leur nom à l'année) et deux
consuls suffects. Les consuls ordinaires entrent en
fonction le 1er janvier et sont relayés quelques mois
plus tard par les consuls suffects. Ce roulement a pour
effet de rendre le consulat semestriel et d'augmenter le
nombre de suffects; il y a jusqu'à 25 consuls en 190,
leur nombre se stabilise autour de 12 sous les Sévères (193-235). Le consulat
ordinaire était réservé aux plus hauts personnages de
l'Etat (princes, patriciens, fils de consulaires, consuls
pour la 2e ou 3e fois). Dès les Flaviens
(69-96), les consuls entrent en fonction alors qu'ils gèrent
une province (consulat in abstentia).
Donativum : Récompense
en argent décernée par le général ou l'Empereur
victorieux à ses troupes. Claude promit un donativum
de 15.000 aux prétoriens au moment de son accession en
41. Les testaments d'Auguste et de Tibère prévoyaient
des donativa de 250 deniers pour les mêmes prétoriens.
Empereur (Imperator) : A
l'origine, Imperator désigne celui qui muni de
l'imperium militaire peut conduire les légions.
Il devient ensuite un titre décerné aux généraux
victorieux (le premier à le porter fut Scipion
l'Africain). En 40 av. J.-C., Auguste transforme ce titre
acquis en 43 en un véritable prénom. Dès lors, il
apparaît toujours en premier dans les titulatures impériales,
et on appelle communément "Empereurs" les
chefs d'Etat à la tête de l'Empire romain depuis
Auguste. Ils disposent de tous les pouvoirs, car ils
cumulent l'imperium militaire et civil, la
puissance tribunicienne, l'auctoritas suprême,
la dignité religieuse de grand pontife et le prestige du
père de la Patrie.
Felicitas : Vertu, qui avec la piété
et la forune et la victoire, témoigne de l'assistance
divine. Sylla fut le premier à se proclamer Felix,
que l'on peut traduire par Heureux. La Felicitas
d'un Empereur rejaillit aussi sur le peuple, et assure sa
divinisation.
Grand Pontife : Prêtre magistrat
de Rome, chef du collège des pontifes; il loge dans la Regia
sur le Forum romain, car il est considéré comme le
successeur des rois auprès du foyer de la cité. Il
nomme et dirige les quinze flamines, le rex sacrorum,
les vestales et surveille les associations religieuses.
Il intervient dans certaines cérémonies privées comme
le mariage par confarreatio, et tout problème
concernant les cultes privés. A partir d'Auguste, c'est
l'Empereur qui a droit au titre de grand-pontife; il se
fait suppléer dans ces tâches par un promagister.
Histoire Auguste : Nom donné à
une collection de biographies d'Empereurs romains ou de
prétendants à l'Empire, depuis Hadrien
jusqu'à Numérien.
Père de la Patrie (pater patriae)
: Titre honorifique décerné à un citoyen qui a sauvé
la patrie d'un danger.Cicéron l'obtint au lendemain de
la conjuration de Catilina. Dès Auguste (qui obtint ce
titre en 2 av. J.-C.), les Empereurs portent ce titre (sauf
Tibère, les empereurs de 68-69 ne
le portèrent pas).
Piété (pietas) : Attitude morale
consistant à remplir ses devoirs envers les dieux, mais
aussi envers la patrie, ses parents et ses amis.
Proconsul : Promagistrat ayant l'imperium
consulaire. Sous la République, il est chargé du
gouvernement des provinces consulaires. Sous l'Empire,
les proconsuls sont les gouverneurs des 10 provinces sénatoriales.
L'Empereur dispose, en permanence, du pouvoir
proconsulaire.
Puissance tribunicienne : Pouvoir qui appartenait durant la République aux tribuns de la plèbe. Ils étaient inviolables (sacrosanctitas), ils pouvaient exercer le droit de coercition (coercitio) contre tous, disposaient du droit de prohibitio, de veto (intercessio). Ils pouvaient prendre sous leur protection (ius auxilii) tout plébéien menacé par un patricien. Ils pouvaient convoquer le Sénat (ius senatus habendi), de susciter des senatus-consultes. Sous l'Empire, les tribuns n'ont plus aucun pouvoir dans la mesure où l'Empereur dispose de la puissance tribunicienne qui lui est renouvelée chaque année.